Agriculture. Quels résultats pour le plan expérimental « Glyphosate Normandie Transition » ?

37 fermes pilotes en Normandie ont réduit l’utilisation du glyphosate, une expérimentation initiée par la Région. Les résultats des deux années de tests, 2020 et 2021, ont été présentés.

Fin 2019, 37 exploitations agricoles normandes ont engagé une expérimentation de réduction de l’usage du glyphosate, initiée par la Région en partenariat avec les Associations agricoles nordiques. Emmanuel Gsell, des Associations agricoles nordiques, a présenté les résultats des deux années d’essais, 2020 et 2021, à l’Abbaye-aux-Dames de Caen.

Près de la moitié de ces exploitations (18) se situent dans l’Eure. Parce que les cultures céréalières nécessitent des traitements contre les ravageurs et les maladies, mais pas les systèmes de pâturage (comme dans la Manche). Et sur l’échantillon expérimental, les 17 en grandes cultures n’utilisaient le glyphosate que sur 20% de leur surface. Ces exploitations ont été accompagnées durant ces deux années, financièrement (avec une prise en charge globale de 305 000 euros) et techniquement.

La première année du dispositif expérimental a permis aux agriculteurs engagés de réduire significativement l’utilisation du glyphosate, grâce à des conditions climatiques favorables à l’application des leviers agronomiques et au désherbage mécanique des cultures.

Ensuite, « malgré des conditions climatiques bien moins favorables, l’objectif d’arrêt de l’utilisation du glyphosate dès la deuxième année a été atteint sur une grande majorité des 37 élevages suivis ».

Repères

En France, le glyphosate est principalement utilisé en culture intercalaire pour éviter la repousse de plantes indésirables dans les cultures après qu’elles viennent d’être plantées.

Le nombre de produits autorisés sous AMM (autorisation de mise sur le marché) en France est passé de 200 à 20 en quelques années.

Revers de la médaille

Le glyphosate n’est plus commercialisé auprès du grand public depuis 2019.

Il est utilisé à des doses limitées, généralement de 350 grammes à un maximum de 1 kg par hectare (10 000 m2). Il fera l’objet d’un nouvel examen d’autorisation d’utilisation en 2023.

« La consommation moyenne de 74 litres de glyphosate par exploitation a été ramenée à 3,5 litres à la fin du plan d’action », chiffre la collectivité. Le TFI (Treatment Frequency Indicator) moyen de l’herbicide est passé de 1,58 à 1,36.

Revers de la médaille : la consommation de carburant a considérablement augmenté, 457 litres par an et par exploitation, puisque le retrait du glyphosate nécessite davantage de désherbage mécanique. Ainsi, les coûts de production ont augmenté de 1 600 euros par exploitation et par an, atteignant 6 000 euros pour certaines.

Des outils à disposition de toutes les fermes

Le rapport pointe également les « rondes et effarouchements » : la difficulté de gérer certains couverts végétaux ; le risque de contamination à moyen terme si les mauvaises herbes ne sont pas maîtrisées (vivaces et résistantes) en culture intercalaire et en feuilles de lin ; manque d’autres options efficaces dans l’agriculture de conservation des sols (alors que ce mode de culture sans labour est véritablement labouré car il permet de stocker durablement le carbone dans le sol et limite l’érosion des sols) ; la nécessité d’investir dans des machines coûteuses (déchaumeur, semoir direct, retourneur de sol et outils de pesage mécaniques).

À Lire  Châtenoy-le-Royal. "Car Agence" à Châtenoy : le prix a augmenté, le nombre de ventes est ...

Considérant que ce plan expérimental « a montré la possibilité d’adapter les pratiques culturales pour réduire l’utilisation du glyphosate dans les exploitations », les promoteurs reconnaissent « l’importance d’un accompagnement technique de long terme pour adapter la culture des pratiques agricoles aux conditions locales ».

La Région Normandie souhaite valoriser et partager les pratiques alternatives utilisées. Dans ce contexte, il devrait être possible d’inciter les nouveaux agriculteurs à abandonner progressivement l’utilisation du glyphosate. « Je veux que la Normandie soit une région laboratoire », expliquait Hervé Morin, président de la Région Normandie, au début de l’expérimentation.

Des aides

Par définition, ce plan expérimental n’a pas vocation à se « redéployer » mais « une réduction de l’usage du glyphosate et plus généralement des produits phytosanitaires s’inscrit dans la nouvelle politique agricole de la Région Normandie, l’un des objectifs est de soutenir l’agri .-transfert écologique des exploitations », assure la collectivité.

C’est pourquoi la Région lance un nouveau dispositif : un contrat de transition sous la forme d’une MAEC (mesure agro-environnementale et climatique) appelée « transfert de pratique forfaitaire MAEC ».

Il doit être possible, sur une période de 5 ans, d’intégrer la phase de transition pour les exploitations qui s’engagent à atteindre l’un des trois objectifs suivants : réduction des herbicides et non herbicides des Indicateurs de Fréquence de Traitement (IFT) de la culture du gonflement . au moins 30 % ; une amélioration d’au moins 15 % de l’empreinte carbone des opérations ; amélioration de l’indépendance protéique en élevage avec des indicateurs de résultats obligatoires liés à l’augmentation de la part des surfaces fourragères à bénéfice protéique, amélioration des pratiques d’élevage, augmentation de la production de concentré à la ferme, réduction de la dépendance aux protéines importées.

« Les exploitations concernées pourront percevoir une somme forfaitaire de 18 000 euros de la Région. Ils bénéficieront également, pendant la durée du « contrat de transition », de l’appui technique d’une structure de conseil agricole agréée par la Région. L’appui portera sur deux diagnostics agro-écologiques (initial et définitif), la définition et le suivi d’un plan d’action », explique la Région.

Les agriculteurs intéressés doivent déposer leur candidature entre le 1er janvier et le 31 mars 2023. Pour cela, ils doivent contacter les structures habilitées : Syndicats agricoles normands, CERfrance, Littoral Normand, cabinet Langlois ou le réseau Civam (Centres d’initiatives en faveur de l’agriculture et du monde rural). environnement) en Normandie.